Le débat fait le tour de la planète depuis des mois. Les uns dénoncent les mannequins trop maigres vues sur les podiums, les autres lancent des pointes à l'industrie de la mode qui vend des vêtements griffés hyper sexy à des préadolescentes.
Pour Julie Lessard, une mannequin de Québec qui a plus de 12 ans de métier et qui a défilé sur les plus grandes passerelles, il faut agir.
« On ne sait plus ce qui est normal comme mensurations. À chaque défilé, on dirait que les filles sont encore plus minces et plus jeunes qu’avant, dit la jeune femme de
28 ans. Je crois que l’industrie de la mode — et surtout les grands couturiers et les marques qui ont une influence sur toute l’industrie — doivent imposer des standards plus respectueux de la clientèle. »
Durant sa carrière internationale, à laquelle elle a mis fin il y a deux ans, Julie a d’ailleurs été confrontée à cette dure réalité de la minceur, voire de la maigreur des mannequins. La jolie blonde filiforme dit même « avoir frôlé l’anorexie », croulant sous la pression des clients. « Je me souviens d’un contrat en Corée du Sud où, à 115 livres, on m’a dit que j’étais trop grosse. J’étais découragée », relate-t-elle.
Elle précise toutefois que le problème d’alimentation de certaines mannequins n’est pas qu’elles mangent trop peu, comme le veut la croyance, mais qu’elles mangent mal. « Les mannequins mangent à la course durant les sessions de photos, sinon elles s’écrouleraient. Mais plusieurs fument et s’alimentent avec du junk food. Et juste avant la saison des défilés, elles font un régime pour être sûres d’avoir le même poids qu’au casting ! » affirme-t-elle.