Culte de la minceur : mythes et origines

Porté par les médias, le culte de la minceur a pris des proportions insoupçonnées. Avoir un corps mince est devenu une obsession pour de nombreuses personnes. Et on ne compte plus les drames qu’a engendrés cette passion immodérée pour le corps minceur. Mais d’où vient cette obsession pour la minceur et quels sont les mythes qu’elle véhicule ?

Qu’est-ce que le culte de la minceur ?

Le culte de la minceur est un trait caractéristique des sociétés occidentales modernes. Notre culture a incité beaucoup de femmes à se voir uniquement dans le contexte de leur apparence. Nous sommes continuellement bombardés d’images de femmes minces apparemment parfaites, avec des dents, des cheveux et une silhouette qui font rêver. Et parce que nous vivons à une époque où nous sommes connectés technologiquement au monde entier, nous ne faisons pas simplement concurrence à une ou deux femmes de notre entourage. Nous sentons que nous sommes obligés de rivaliser avec les plus belles femmes du monde entier!

Groupe de personnes à la corpulence variée

L’obsession de notre monde pour l’apparence extérieure et le poids a amené beaucoup d’entre nous à penser en termes peu profonds à ce qui fait le bonheur. Aussi ridicule que cela puisse paraître, nous sommes nombreux à croire qu’avoir un corps mince est la clé de la paix intérieure et de la joie. La perception commune de cet idéal est une femme qui possède :

  • un physique svelte,
  • une allure féminine,
  • une petite taille,
  • une quantité réduite de graisse corporelle.

 Nombreuses sont les personnes qui associent un corps mince àdes résultats positifs, tels que le bonheur, la confiance en soi et le succès en amour.

Quelle est l’origine du culte de la minceur ?

Il est notoirement reconnu que les canons de beauté ont considérablement évolué au cours de l’histoire. Dans les sociétés où l’industrie culturelle occidentale est hégémonique, la minceur est devenue un idéal culturel dominant au XXe siècle et constitue désormais le modèle de référence auquel les hommes, et en particulier les femmes, se réfèrent généralement lorsqu’ils pensent à leurs corps.

Le lien entre cet idéal et le monde de la mode est évident.Certaines études ont montré le lien qui existe entre la promotion de l’idéal minceur dans l’industrie de la mode et la propagation de l’anorexie mentale chez les jeunes femmes. D’autres études ont porté sur les effets de l’internalisation de cet idéal sur l’insatisfaction corporelle et le faible estime de soi des consommateurs.

Comme nous le voyons, l’industrie de la mode ne fait pas que promouvoir ses produits à l’aide de mannequins particulièrement maigres, elle limite également son offre aux petites et moyennes tailles. On s’attendait à ce que la dépendance de la mode à l’égard de la minceur diminue avec l’accroissement du poids des individus, mais ce n’est pas le cas.

En dépit de cette « épidémie », la mode continue de confiner les personnes aux formes généreuses à des niches productives, distributives et communicatives.

Taille mannequin

Quelles sont les conséquences du culte de la minceur sur la société ?

De nombreux chercheurs sont convaincus que l’image du corps idéal (ultra-mince), présentée dans les médias, a joué un rôle essentiel. La femme idéale-mince est en fait une caricature. Elle est bien en dessous du poids moyen des femmes typiques de notre culture et est décrite comme enviable et heureuse.

Les sociologues soutiennent également que le corps idéal décrit dans les médias s’est considérablement aminci au cours des dernières décennies et que l’écart entre cet idéal et la femme moyenne a augmenté. Ceci, combiné à la forte focalisation de notre culture sur les régimes amaigrissants, aurait contribué à promouvoir les taux actuels de troubles de l’alimentation.

Selon le modèle socioculturel des troubles de l’alimentation, les jeunes filles de notre société comprennent rapidement que la minceur suscite de nombreuses formes d’accomplissements et de récompenses,tandis que l’obésité est associée à diverses punitions telles que l’isolement social.

Par conséquent, une exposition répétée à l’idéal décrit dans les médias amène certaines filles et certaines femmes à sur-internaliser le stéréotype. C’est-à-dire que la perception par les femmes de la différence entre la forme et la taille de leur corps et l’idéal culturel, produit une insatisfaction corporelle accrue et une humeur dépressive, qui les inciterait àse fixer des objectifs irréalistes en matière de dimension corporelle.

Lorsque les jeunes filles sont exposées à plusieurs reprises à des images de corps idéalement minces, elles commencent à intérioriser cet idéal mince. Le corps idéal devenant encore plus mince ces dernières années, de nombreuses jeunes femmes ont de plus en plus de difficultés à l’atteindre.

Elles commencent alors à prendre des mesures plus drastiques pour contrôler leur poids corporel (restriction, purge, exercice excessif) et développent des sentiments négatifs envers elles-mêmes et leur corps. Un cercle vicieux se met en branle car l’insatisfaction grandissante vis-à-vis de leur corps entraîne une augmentation des régimes et une utilisation de mesures extrêmes pour perdre du poids.

Sources :

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